Après l’étude en classe de la pièce de théâtre « Le Scoop » de Marc Fayet, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer l’auteur au CDI de notre lycée le vendredi 13 mai 2016. A cette occasion, nous avions préparé des viennoiseries et des tartelettes aux fruits.

Marc Fayet est un auteur, comédien et metteur en scène. Il a fait ses études à Marseille, dans un conservatoire. Il a ensuite passé un concours à Paris pour entrer à l’ENSATT. Il a commencé à faire des cafés-théâtres à Paris dans les années 1970/80 ; c’est là qu’il a pris le plus de plaisir car il n’y  pas de règles. C’est donc dans cet endroit qu’il a débuté en tant que comédien. Par la suite il a agrandi la portée de son talent en rajoutant la flèche d’auteur et la flèche de metteur en scène à son arc. Il prépare actuellement la première représentation de sa dernière pièce écrite « Désaccords majeurs » qui aura normalement lieu en septembre 2017. Il est actuellement comédien dans la pièce « Maris et femmes »  de Woody Allen à Paris.

Bonjour Marc Fayet, pourquoi êtes-vous devenu comédien ?

Quand j’avais environ 10 ans, je suis allé en colonie de vacances. Là-bas, on nous a demandé d’effectuer un petit spectacle et je me suis porté volontaire. Après mon improvisation, une accompagnatrice m’a encouragé et m’a dit que j’avais énormément de potentiel dans ce domaine. Ensuite, ma passion pour le théâtre a grandi ; surtout en 5ème, en cours de français. Vous savez, je me souviendrai toujours de ce prof. Il nous demandait souvent de lire des pièces ou des scènes et bien qu’étant dans une classe de cancres dans une école privée de Marseille, la salle a été captivée par ma lecture. Au fur et à mesure, la classe est devenue ma scène et il m’arrivait même de porter mes propres sketches. Et aujourd’hui, je suis toujours en contact avec ce professeur.

Combien de temps avez-vous mis pour écrire « Le Scoop » ?

Il m’a fallu au moins 4 mois d’étude pour  faire des recherches, rencontrer des professionnels,  me mettre dans la peau d’un journaliste. J’ai écrit une première version pendant 2 mois environ. J’en ai fait une distribution à mes amis comédiens. Je l’ai ensuite peaufinée, j’ai effectué quelques changements. Le tout m’a pris un peu plus d’un an.

Votre pièce a-t-elle été écrite pour diffuser un message ?
Il n’y a pas vraiment de message caché, je dirai que c’est plus une constatation. Je pense qu’Internet va tuer la presse papier. Si on veut vraiment chercher un message dans ma pièce, c’est certainement celui-ci : ne jamais croire aveuglément ce que l’on voit et surtout de faire une critique de l’information donnée et donc avoir une réflexion sur l’information par exemple sur ses conséquences. D’ailleurs, la phrase qu’il faudrait retenir de la pièce c’est « il vaut mieux être le premier à se tromper que le deuxième à dire la vérité »…

Qu’est-ce qui, pour vous est le plus compliqué quand vous écrivez une pièce ?

Le titre sans aucun doute ! C’est le plus difficile parce qu’en général, on essaye de le trouver quand on a fini d’écrire la pièce. Il faut qu’il soit accrocheur, en lien avec la pièce, le thème de la pièce. Puis il y a le producteur qui n’est pas toujours d’accord avec vous. Par exemple pour la pièce « Le Scoop », j’avais choisi comme titre « Le scoop de sa vie » mais le producteur l’a réduit pour qu’il soit plus accrocheur. Et parfois, on a le titre de la pièce avant même de l’écrire ; alors là, c’est génial !

Quel est le rôle du metteur en scène en général ?
Le rôle de metteur en scène est de rassembler tous les artisans du spectacle comme les comédiens, la costumière, le décorateur, l’ingénieur du son… Le metteur en scène a un pouvoir très important.

Parlez-nous  un peu de votre pièce  de 2015, « A chacun sa madeleine ».

Le chef pâtissier, Philippe Conticini, voulait fêter les 5 ans de sa pâtisserie « La pâtisserie des rêves ». Donc, il m’a demandé de faire une pièce sur des souvenirs liés à des pâtisseries. Au départ, je voulais diffuser durant la pièce des odeurs de gâteaux dans la salle lorsqu’on évoquerait les souvenirs. Puis avec Philippe, nous avons décidé qu’il  réaliserait 5 ou 6 vrais petits gâteaux que l’on mettrait dans une boîte qui serait distribuée aux spectateurs à leur arrivée au théâtre. Ainsi, lorsque je parlais sur scène d’un souvenir lié à un de ces gâteaux, la lumière s’allumait dans la salle et les gens pouvaient manger le gâteau. Après la première pâtisserie, les spectateurs savaient  laquelle manger sans même avoir besoin de leur dire ! Puis, au bout de quelques représentations, avant que les spectateurs n’entrent dans la salle, on leur donnait un papier pour qu’ils écrivent un souvenir d’enfance lié à un gâteau, puis au cours de la représentation, je piochais deux ou trois de ces papiers et je lisais ces souvenirs devant le public.

Avez-vous eu des récompenses et/ou des nominations ? Si oui, combien et quel est le dernier prix que vous avez reçu ?

J’ai eu peu de récompenses et de nominations. J’ai été nominé une fois en 1998 au Molière de la révélation théâtrale pour la pièce « Popcorn » ; une seconde fois, au Molière de l’auteur francophone vivant en 2005 pour la pièce « Jacques a dit ». J’ai reçu également en 2003 le Molière de la révélation théâtrale masculine pour « Un petit jeu sans conséquence » et enfin, en 2015, j’ai reçu le Molière de la comédie pour « Des gens intelligents ».

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